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  1. Le 3 février 2020, le site d'information belge, Sudpresse, publie un article titrant : "Tempêtes de neige, températures glaciales atteignant les -50 degrés: la période de «mini-âge glaciaire» est proche et pourrait durer des années !". Il n'est pas le seul journal à publier cette "information", mais il est le seul journal francophone à publier un article de ce genre. Nous allons voir ici ce qui ne va pas avec cet article. Premier paragraphe, et déjà plusieurs problèmes. Le premier concerne la "scientifique", Valentina Zharkova, dont j'ai déjà parlé dans mon autre article sur la prétendue ère glaciaire des années 2030, que vous retrouvez juste ici : Valentina Zharkova n'est pas une experte dans le sujet, et même si elle l'était, sa seule parole ne suffit pas. Une seule étude ne suffit pas à prouver quelque chose. On peut parler d'une période d'hibernation pour le soleil, qui correspond juste à une faible activité pendant une certaine période de temps, comme lors du minimum de Maunder ou le minimum de Dalton. Mais un minimum solaire ne veut pas forcément dire un âge glaciaire, la température moyenne à la surface du globe dépend d'un bon nombre de facteurs, dont notamment la composition de l'atmosphère, et nous relâchons justement une quantité grandissante de gaz à effet de serre, principalement du CO2, qui retient davantage la chaleur du soleil. En somme, même s'il y aura un minimum solaire pour les prochaines décennies, ce qui est assez probable vu la tendance du graphique de l'autre article, cela ne veut pas forcément dire qu'il fera extrêmement froid. Les hivers seront juste plus rigoureux, mais ça s'arrêtera principalement là. La prétendue experte prétend que l'année prochaine, donc 2021, sera une année très froide. Donc, elle aurait dû publier une étude sur le sujet, mais l'article ne donne aucun lien, nous ne savons même pas si l'étude en question existe, où s'il s'agit de simples affirmations de la professeure de mathématiques. En l'absence de preuves de l'existence de cette étude, nous allons partir du principe qu'elle ne fait qu'affirmer, sans possibilité de vérifier son travail et donc sa méthode. Je n'ai rien trouvé sur la périodicité des âges glaciaires qui surviendraient tous les 400 ans, mais si vous avez bien fait attention au graphique de l'article plus haut, vous avez pu remarquer que si on remonte 400 ans en arrière, donc en 1620, on tombe au début du minimum de Maunder. Mais sur base ce seul graphique, on ne peut pas dire davantage sur la périodicité prétendue des âges glaciaires. Pour ce faire, nous allons nous référer à ce deuxième graphique, qui montre l'évolution des températures depuis l'an 1, selon plusieurs études. Déjà, nous pouvons constater la périodicité des 400 ans tombe à l'eau, puisqu'il y a 800 ans, donc vers 1220, nos ancêtres étaient dans l'optimum climatique médiéval, un réchauffement climatique qui a eu lieu au cours du Moyen-Âge, mais pas aussi important que le réchauffement actuel. Pour revenir à l'article de Sudpresse, ils affirment que cette période glaciaire durerait jusqu'en 2053, toujours la sans moindre source. Cela me parait trop précis pour une année relativement lointaine. Même, comment pourrait-on affirmer qu'une période glaciaire va s'étendre de 2021 à 2053, soit une durée de 32 ans ? ...Certes, l'observation du soleil et de son activité s'améliore, mais nous restons incapables de faire des prédictions. Pour citer notre astrophysicien @Maxther : "La présence ou non de taches solaires, et leurs apparitions imprévisibles, sont des mystères encore inexpliqués. A priori les phénomènes semblent à l'évidence périodiques, mais cela reste du domaine observationnel. Les modèles stellaires heureusement sont de plus en plus perfectionnés, et commencent à proposer des explications, mais pas des prévisions." Quelles périodes de grand froid ? Le Canada en a connu plusieurs au cours de son histoire. Si c'était vraiment lié à l'hibernation du Soleil, l'effet aurait dû se faire sentir sur tout le globe, ce qui ne semble pas avoir été le cas. Quant aux taches solaires, elles correspondent à une forte activité magnétique, mais comme l'a déjà dit Maxther, nous ignorons encore pas mal de chose sur ces taches, donc nous sommes incapables de prévoir leur non-présence pour les années à venir. Le Canada, en cet hiver 2019-2020, ne semble pas avoir connu de gelées importantes dans les zones fortement habitées. Là, on parle effectivement du minimum de Maunder, que j'ai déjà évoqué plus haut. Quant à la NASA, pour 2025, elle a juste prévu le maximum du cycle 25, qui commence cette année. Là, l'article sort l'argument d'autorité, en espérant convaincre un maximum de personnes. Valentina Zharkova expose également deux cas concrets pour essayer de prouver ses propos. Mais la neige en Espagne et en Grèce n'est pas vraiment rare, et de plus elle n'a pris que deux cas, ce qui est hautement insuffisant pour prouver une tendance mondiale. Dernier paragraphe de l'article, qui réussit à contredire tout le reste, mais qui n'est pas exempt d'erreurs. On ne peut pas dire que le réchauffement climatique fasse augmenter les températures, puisqu'il résulte de cette augmentation, et cela même si le phénomène peut avoir un effet de rétroaction positive ; autrement dit : il s'auto-entretient. Au moins, l'article fait appel à Mathew Owens, physicien britannique, spécialiste de la physique spatiale qui a permis une meilleure compréhension des vents solaires et de la météorologie spatiale. Quant aux propos que Sudpresse lui attribue, il y a tout de même une déformation des mots du physicien, l'O2 - le dioxygène, présent à 21% dans l'atmosphère - n'est pas un gaz à effet de serre, les autres articles parlant de cette prétendue période glaciaire ne font pas cette erreur grossière et parlent bien du CO2, qui lui est bien un gaz à effet de serre. Conclusion Cette affirmation d'une période glaciaire entre 2021 et 2053 ne provient que d'une seule personne, qui n'est pas experte du sujet, dont la méthodologie est sujette à caution et ne peut être tenue pour sérieuse. Le soleil pourrait entrer dans un nouveau minimum, mais ses effets sur la Terre seront négligeables au vu du réchauffement climatique anthropique. Sources https://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/11/05/hoax-climatique-5-en-l-an-mil-il-faisait-bien-plus-chaud-qu-aujourd-hui_4804173_4527432.html https://skepticalscience.com/print.php?r=448 https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2009-2-page-24.htm https://www.nasa.gov/feature/ames/solar-activity-forecast-for-next-decade-favorable-for-exploration
  2. Vous avez certainement vu dernièrement que le nord de l'Inde une canicule extrême avec près de 50°C. Des températures tellement élevées que personnes ne les supportent, même les animaux ont un comportement altérés face à cette chaleur. Cette situation extrême est aggravée par la présence d'une sécheresse. Certaines personnes pourraient se demander quel est le lien entre une canicule et une sécheresse, tandis que d'autres confondent les deux. En réalité, il n'existe aucune corrélation entre canicule et sécheresse. Pour rappel, une canicule est une période (de plusieurs jours à semaines) durant laquelle les températures sont anormalement élevées de jour comme de nuit sur une certaine étendue géographique[1], et elle se produit principalement en été[2]. En Europe de l'Ouest, on parle de canicule lorsque les températures sont supérieures à 18-20°C durant la nuit et supérieures à 30-35°C durant la journée, et cette définition peut changer d'une région à l'autre puisqu'elle dépend de la sensibilité de la population et donc du lieu[2]. Tandis qu'une sécheresse, notamment une sécheresse météorologique, est une période durant laquelle la pluviométrie est basse, au point d'impacter l'état des sols[3]. On distingue plusieurs types de sécheresses[3]: Sécheresse météorologique (ou atmosphérique), qui correspond à un manque de pluie, souvent en conséquence d'un anticyclone puissant ancré au-dessus d'un continent (comme c'était le cas de l'anticyclone des Açores en été 2018 au-dessus de l'Europe) ; Sécheresse agricole, elle dépend des précipitations mais aussi de la nature des sols, de la pratique culturale et des plantes qui y poussent. C'est cette sécheresse qui est responsable du désèchement de la végétation ; Sécheresse hydrologique, qui correspond à un niveau bas des réserves en eau des sols, conduisant à une baisse du niveau des cours d'eau, voire à l'assèchement complet de ceux-ci. Elle peut faire suite à une sécheresse météorologique ou à une surexploitation des eaux. À titre d'information, les sécheresses météorologiques automnales et hivernales ont un impact plus important sur les réserves en eau puisque seules les pluies d'automne et d'hiver permettent de recharger les nappes phréatiques[4], tandis que l'eau de pluie de printemps et d'été est en très grande partie utilisée par la végétation, qui sera fragilisée plusieurs années après une sécheresse printanière ou estivale. Cependant, une sécheresse liée à une canicule augmente grandement le risque de feux de forêt[3], comme les incendies qui se sont produits en été 2018 dans les pays Scandinaves[5]. Sources ^ Wikipédia — Canicule a, b Définition | Canicule | Futura Planète a, b, c Définition | Sécheresse | Futura Planète ^ C'est pas sorcier — Sécheresse : La France en alerte ^ RTBF.be — La Suède fait face depuis une semaine aux feux de forêts les plus importants de son histoire — Publié le 20 juillet 2018, consulté le 18 juin 2019
  3. En 2015 est apparue une rumeur affirmant qu'une période glaciaire pourrait toucher la Terre au cours des années 2030-2040. Cette rumeur n'est pas restée dans les sites de réinformations, certains médias traditionnels l'ont reprise (même si certains de ces derniers ont supprimé l'article qu'ils en avaient fait). Cette rumeur proviendrait d'une professeure de... mathématiques, une certaine Valentina Zharkova, de l'Université de Northumbria, et qui serait également astrophysicienne formée en Ukraine. Les relayeurs de la rumeur font la comparaison avec une période s'étendant entre 1645 et 1715, le minimum de Maunder, où le nombre de taches solaires était beaucoup plus faible qu'à l'heure actuelle. Cette rumeur se contente de dire qu'une baisse de l'activité du Soleil causera une baisse significative des températures mondiales, sans tenir compte des autres facteurs du réchauffement climatique actuellement en cours. Pour les curieux, il existe un site permettant d'observer l'activité solaire en temps réel : https://www.spaceweatherlive.com/fr/activite-solaire Selon les travaux, publiés en 2010, de Georg Feulner et ses collègues, une baisse significative de l'activité solaire ne ferait baisser la température moyenne que de 0,3°C au plus. Une baisse qui sera compensée par le réchauffement en cours. https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2010GL042710 Feulner avait également publié, en 2011, un article concernant une faible glaciation entre le 13ème et le 19ème siècle dont la cause serait des éruptions volcaniques et non une baisse de l'activité du Soleil. https://www.pik-potsdam.de/news/press-releases/archive/2011/study-on-the-little-ice-age-low-solar-activity-just-marginally-cools-the-climate https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/climatologie-quatre-eruptions-volcaniques-expliquent-petit-age-glaciaire-36461/ Quoi qu'il en soit, une baisse de l'activité solaire n'est pas forcément liée à une baisse des températures mondiales, et pour ce qui de la période glaciaire prévue pour les années 2030, nous saurons si c'est vrai une fois le temps venu, même si cela reste peu probable (bien que la baisse de l'activité solaire reste très probable comme signalé en réponse à ce sujet par @Maxther).
  4. Tout le monde connaît évidemment le réchauffement climatique, beaucoup en ont conscience, beaucoup militent pour l'arrêter, tandis que beaucoup n'y croient même pas. Mais même parmi les militants pour l'écologie, beaucoup ne comprennent pas forcément ce que le réchauffement climatique implique. Les scientifiques parlent de véritable catastrophe à venir, en annonçant une limite fatale de 2°C d'augmentation de la température mondiale. Pourtant 2°C, cela ne parait pas grand chose. Qu'en est-il, et quels sont les véritables enjeux ? Les Conséquences Directes du Réchauffement Climatique Évidemment, la première chose à faire est de ne pas confondre météo et climat. J'invite le lecteur à parcourir les différents sujets à ce propos dans cette même catégorie du forum. S'il fait -3°C un jour et que le lendemain il fait 5°C la température moyenne sera de 5+(-3)=2 divisée par le nombre de jours (ici deux) ce qui fait une température moyenne de 1°C sur les deux jours. Il a beau faire froid en hiver et chaud en été, la température moyenne sur l'année ne devrait pas changer. Et quand on parle d'augmentation de la température, on parle de cette température moyenne annuelle. Vous comprenez bien désormais qu'avancer la présence de neige à New York n'est pas une preuve de l'absence de réchauffement climatique. Mais ce n'est pas tout à fait le sujet que nous allons aborder ici. Températures Moyennes Annuelles Après cette introduction, et maintenant qu'on est plongés dans le sujet, voyons un peu plus en détail comment peut varier cette moyenne annuelle. Si l'été est plus chaud, ou l'hiver plus rude sur une année, la température moyenne annuelle va alors légèrement monter ou baisser, respectivement. Prenons un exemple : L'exemple ci-dessus montre que l'augmentation des températures moyennes annuelles est quelque chose d'assez abstrait. Si l'on peut se rendre compte que la température baisse ou augmente de plusieurs degrés d'un jour à l'autre, on ne peut pas se rendre compte que la température moyenne annuelle augmente ou baisse, et encore moins si ce sont de quelques centièmes de degré... Cependant on peut en tirer une autre conclusion : l'augmentation de plusieurs degrés sur un ou plusieurs jours ne fait augmenter que de quelques centièmes de degré à peine la température moyenne. Et là on annonce que la température moyenne mondiale annuelle augmente de 1 voire 2 degrés ! On comprend désormais qu'une augmentation de 1°C des températures moyennes représente bel et bien un fort réchauffement. La nature du réchauffement Pour comprendre d'une autre façon pourquoi 1°C d'augmentation des températures moyennes annuelles c'est beaucoup, explorons la nature même de la chose. Et partons du fondamental : La température c'est quoi ? La température, c'est une valeur qu'on donne pour caractériser la quantité de chaleur d'un matériau ou d'un gaz. Oui mais alors c'est quoi la chaleur ? La chaleur c'est une forme d'énergie, de l'énergie cinétique. L'énergie cinétique c'est l'énergie de mouvement, plus un objet va vite plus il a emmagasiné de l'énergie cinétique. Alors on me dira : "Oui mais un gaz, ça ne bouge pas ! Sauf quand il y a du vent...". Quand quelque chose est chaud, ce n'est pas le "quelque chose" qui bouge, mais les molécules qui le compose. Plus les molécules s'agitent (et donc plus elles ont d'énergie cinétique), plus le matériau est chaud. Ce mouvement, cette agitation des molécules est microscopique, de manière macroscopique on ne parle donc plus d'énergie cinétique, mais plus convenablement d'énergie thermique. Mesurer la température d'un fluide, c'est une manière de mesurer l'énergie qui est stockée dedans. Tout n'est que question de conversion d'énergie après : pour chauffer de l'eau pour votre thé avec une bouilloire électrique, vous devez donc fournir à l'eau de l'énergie thermique, cette énergie était au préalable sous forme d'énergie électrique, et par l'intermédiaire de la résistance dans votre bouilloire, l'énergie électrique à été transformée en énergie thermique. Inversement on peut utiliser l'énergie thermique pour la convertir en autre chose. C'est ce que font les moteurs de nos voitures : L'essence, en brûlant, fournit de l'énergie thermique, et cette énergie thermique est transformée en énergie mécanique par les pistons, et au final en énergie cinétique : la voiture avance. L'atmosphère qui se réchauffe, c'est l'atmosphère qui gagne de l'énergie. Et c'est surtout de l'énergie qui peut être reconvertie sous une autre forme d'énergie, mais cette fois pas pour faire avancer une voiture. Alors à quoi peut servir l'énergie qu’emmagasine l'atmosphère ? Autrement dit quelle est la conséquence d'une augmentation d'énergie dans l'atmosphère ? Les conséquences directes du réchauffement climatique Pour trouver une réponse, demandons nous sous quelle forme l'énergie thermique de l'atmosphère peut-elle être convertie. Sous forme électrique : À la manière de la bouilloire, de l'énergie électrique peut être convertie en énergie thermique et inversement. Comment retrouve-t-on l'énergie électrique dans l'atmosphère ? Les orages. Plus d'énergie c'est donc plus d'orages et plus d'éclairs. Sous forme cinétique : L'énergie sous forme cinétique dans l'atmosphère, on l'a vu plus haut, c'est le vent. Plus d'énergie c'est donc plus de vent et plus violent. Mais surtout c'est l'augmentation du nombre et de la force des ouragans. Ceci est abordé d'un point de vue expérimental comme d'un point de vue théorique dans le sujet suivant : Plus d'énergie c'est aussi un dérèglement des cycles naturels. N'importe quel bricoleur du dimanche vous le dira, si vous branchez une ampoule de 3V sur une prise 230V, elle grillera. De la même manière mettez vos doigts dans cette même prise (ne le faites pas c'est pour l'exemple) et vous allez passer un sale quart d'heure. La surcharge d'énergie, ou la sous-charge d'énergie est mauvais pour un système. Une machine pour fonctionner correctement a besoin de la bonne dose d'énergie, pas plus, pas moins. Et l'atmosphère est une vaste machine, qui récupère l'énergie lumineuse du Soleil, et la répartit grâce aux courants atmosphériques et marins (comme le Gulf Stream) pour distribuer cette énergie à l'ensemble de l'écosystème, comme un réseau d'artères et de veines qui distribue le sang et l'oxygène à l'ensemble des cellules du corps humain. Et toujours de la même manière, si vous cessez de respirer, ou à l'inverse si vous hyper-ventilez ce n'est pas bon. Mais bon tout cela, comme les ouragans nécessitent énormément d'énergie, alors 2°C, c'est tout petit par rapport à un ouragan ou à un orage tropical. C'est trop petit pour dérégler quelque chose d'énorme comme le Gulf Stream. Qu'en est-il vraiment ? Ceci nous amène à la dernière partie de cet article, bien plus mathématique, si vous êtes très très allergique aux calculs l'article s'arrête ici pour vous, pour les autres ne vous inquiétez pas, les calculs sont simples. La puissance du réchauffement climatique Il est temps de passer à la partie quantitative du problème. D'accord une augmentation de la température c'est une augmentation de l'énergie, mais de combien d'énergie ? Pour un gaz comme l'atmosphère, il faut utiliser la formule suivante (pour les plus avertis cette formule est la formule pour un gaz parfait diatomique) : ici représente l'énergie d'agitation d'une molécule à la température . Le nombre est une valeur fixe appelée constante de Boltzmann et vaut : , soit 0,0000...0138 avec 23 zéros en tout. Pour avoir l'énergie contenue dans un gaz, il faut multiplier cette valeur par le nombre de molécules dans le gaz. Il nous faut alors calculer le nombre de molécules dans l'atmosphère. Le calcul est détaillé pour les curieux dans l'encart ci-dessous. Il y a donc molécules (de toutes sortes confondues) à peu près dans l'atmosphère terrestre. Autrement dit 85 millions de milliards de milliards de milliards de milliards de molécules dans l'atmosphère ! (Ça fait beaucoup !). Pour en revenir au calcul de l'énergie on peut maintenant avoir l'énergie totale que l'atmosphère reçoit lors d'une augmentation de 2°C : Donc 5 900 milliards de milliards de Joules (le joule est l'unité de l'énergie). Pour ce rendre compte de ce que cela représente, comparons le à l'énergie d'une bombe atomique comme celle qui a rasé la ville d'Hiroshima. Cette bombe a libéré une énergie de 15 kt de TNT, soit 62 000 milliards de Joules (ce qui explique la puissance de la bombe). Maintenant si l'on revient à l'énergie de l'atmosphère, cela représente 100 millions de fois l'énergie dégagée par la bombe d'Hiroshima ! Conclusion : Une augmentation de seulement deux degrés de la température moyenne mondiale, c'est imperceptible, et pourtant c'est énorme. Si l'atmosphère chauffe cela veut dire qu'elle gagne de l'énergie, et une augmentation de deux degrés, en énergie c'est l'équivalent de 100 millions de bombes atomiques. Cette énergie énorme, c'est de l'énergie en plus pour les ouragans, et toutes les autres catastrophes naturelles, ce qui provoque l'augmentation de la fréquence d'apparition de ces catastrophes, et la puissance de ces catastrophes. Ceci est vérifié dans le sujet de ce forum consacré aux ouragans , cité plus haut : depuis une dizaine d'années, les ouragans sont plus nombreux et plus puissants en moyenne. Et nous n'en sommes pas encore à 2°C d'augmentation. C'est littéralement beaucoup plus grave qu'une catastrophe atomique. Voilà, ça c'est la conséquence directe du réchauffement climatique, la plus simple. Ceci entraîne énormément plus de conséquences secondaires, comme la disparition des espèces ; secondaires et indirectes, mais tout aussi alarmantes.
  5. Parmi les climato-sceptiques, il existe ceux qui nient purement et simplement le réchauffement climatique. En conséquence, ils ont l'impression qu'un hiver froid vient confirmer l'absence d'un réchauffement. En agissant ainsi, ils commettent une erreur qu'une bonne partie de la population fait : confondre climat et météorologie. Bien que les deux soient liés, ils restent différents. Le dictionnaire Larousse définit le climat comme étant : Et il définit la météorologie : À titre d'exemple, l'Europe de l'Ouest possède un climat tempéré océanique (donc influencé par l'océan Atlantique) qui lui donne une météo variée tout au long de l'année. En conséquence, un hiver plus froid que la norme est normal, puisqu'il est la conséquence de multiples facteurs souvent limités dans le temps, comme une masse d'air froid qui redescend sur l'Europe, de même qu'un été caniculaire reste normal s'il est isolé. Si l'un ou l'autre tend à se répéter très souvent, on peut conclure à un dérèglement climatique. D'autres climato-sceptiques disent que la Terre a déjà connu d'autres réchauffements climatiques, sur ce point, ils n'ont pas tort, mais ce qui inquiète est la rapidité du réchauffement ! Les températures montent trop rapidement, et cela a des conséquences sur les différentes formes de vie, qu'elles soient terrestres ou marines, certaines espèces n'arrivant pas à s'adapter rapidement à ce changement. Le graphique ci-dessous montre l'évolution de la température moyenne en Belgique depuis 1833, et il montre bien qu'il existe une augmentation des températures. Les données ont été prises depuis le site de MétéoBelgique (Lien) et calculées pour donner la température moyenne de chaque année. Vous pouvez ainsi refaire le même travail que j'ai effectué (si vous avez du temps libre, puisqu'il peut prendre plusieurs heures, donc préférez répartir le travail sur plusieurs jours voire semaines) et voir ainsi si le graphique que vous obtenez correspond à celui que j'ai moi-même obtenu. J'ai également joint mon travail à ce message, si vous voulez vérifier les données entrées. Températures moyennes en Belgique.xlsx Pour calculer la température moyenne de l'année souhaitée sur base de ce graphique, il suffit de prendre la formule où x correspond à l'année souhaitée à qui on soustrait 1833, et y correspondant à la température selon la courbe de tendance. Ainsi, on peut facilement calculer la différence de température entre deux années. Pour la faire courte, la formule à utiliser est : Pour interpréter ce graphique, il est inutile de prendre une période de seulement quelques années pour montrer l'absence éventuelle d'un réchauffement, puisqu'il se mesure sur une période plus longue (souvent plusieurs décennies, voire depuis les premiers relevés de températures qui datent souvent de la première moitié du 19ème siècle). En résumé, il est important de faire la différence entre climat et météorologie pour bien comprendre ce phénomène qui est bien réel, même si on refuse d'y croire, et éviter de commettre des erreurs de logiques ou d'observation, le réchauffement climatique étant visible sur un nombre important d'années et non sur une période de temps relativement courte, et le réchauffement actuel est inquiétant par sa rapidité et son impact important sur la faune et la flore. PS: Des corrections et/ou des ajouts seront éventuellement effectués dans le cas de nouveaux éléments ou si jamais j'ai mal interprété une information.
  6. Début du mois de février 2019, ces deux images, dont la provenance est toujours inconnue (peut-être une page Facebook), ont circulé : Les données mentionnées sont correctes, mais l'auteur a simplement fait dire ce qu'il voulait, à savoir que le CO2 n'était pas responsable du réchauffement climatique en comparant le taux de ce gaz à effet de serre sur 3 des 4 planètes telluriques du Système solaire. Sauf que l'auteur met volontairement sous silence d'autres informations pourtant utiles comme l'épaisseur de la couche atmosphérique, qui diffère d'une planète à l'autre, ainsi que la masse atmosphérique. À partir du taux de CO2 et de la masse atmosphérique, on peut facilement calculer la quantité de CO2 sur chacune des planètes, comme le montre le tableau ci-dessous. (Oui, Mercure possède une atmosphère, mais très fine) On remarque facilement que, même si Mars et Vénus ont un taux de CO2 très proche, la quantité est très différente en raison de leur atmosphère très différente, celle de Mars étant très fine et légère puisqu'elle avait été soufflée par les vents solaires il y a plusieurs milliards d'années après qu'elle a perdu son champ magnétique. Même si Mars possède plus de CO2 que la Terre, elle reste plus froide en raison de sa distance par rapport au Soleil. Par ailleurs, sur les deux images plus haut, l'auteur a également volontairement oublié de mettre le cas de Mercure, puisqu'il ne correspondrait pas au message qu'il voulait faire passer. Ce tableau permet de créer deux graphiques : En clair, la température sur une planète dépend principalement de deux facteurs : sa distance par rapport à son étoile, sa composition atmosphérique (si elle possède une atmosphère)
  7. "L'Urgence Climatique..." est un leurre L'Urgence climatique est un leurre est un bouquin écrit par le professeur François Gervais. Il y présente une thèse comme quoi le réchauffement climatique mais c'est le simple fait d'une variation cyclique du climat. Est-ce que ça se tient ? Qui est donc François Gervais ? François Gervais est donc professeur... mais absolument pas dans le domaine du climat. Le présenter par son parcours universitaire serait donc un argument d'autorité. Dans ces livres, L’effet de serre remis en question et L'Urgence climatique est un leurre, François Gervais considère que l'on accorde trop d'importance au rôle du dioxyde de carbone, et que l'augmentation du climat se fait par cycles. Problème, c'est faux. Ici, dans France Soir, François-Marie Bréon s'attelle à démontrer en quoi, de son premier à son second livre, les données qui l'amènent à ses conclusions, sont incomprises, erronées, manipulées ou mensongères : http://www.francesoir.fr/societe-science-tech/le-rechauffement-climatique-un-leurre-escroquerie-climatosceptique-de-francois-gervais François-Marie Bréon a également publié un article dans Le Monde, dénonçant point par point l'imposture de François Gervais : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/28/les-contre-verites-du-dernier-pamphlet-climatosceptique_3504317_1650684.html Et si ce dernier a bel et bien utilisé son droit de réponse, hé bien, je vous laisse juger par vous-mêmes à quel point, en plus d'être malhonnête, il ne répond pas aux points soulevés par M.Bréon : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/28/la-reponse-de-l-auteur-francois-gervais_3504318_1650684.html ou en version plus complète ici : https://kin152.gadz.org/climatologie/reponse_au_monde.pdf Hé bien, si vous avez eu le courage de poursuivre jusqu'ici, il va falloir continuer, parce que nombre de graphiques présentés par M.Gervais sont problématiques, comme le démontre ici Guillaume Blanc : https://gblanc.fr/spip.php?article588 Vous l'avez compris, le discours de François Gervais a beau sembler scientifique, il ne passe pas à l'examen des faits. Voici donc la réponse la plus complète qui puisse être apportée au discours de charlatan : https://sogeco31.blogspot.com/2019/01/francois-gervais-passe-la-moulinette-de.html Et si vous n'avez pas les nerfs de tout lire, il y a toujours ces deux vidéos : Par @Satan à partir, entre autre, des apports de Tyreann, @Bubo K et @Brocolis
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