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Maxther

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  1. Si les précédents épisodes suivaient une ligne plutôt chronologique et historique, ici on va commencer une petites série concernant le principe de base d'une fusée : la propulsion. Parce que c'est bien joli, mais comment ça vole une fusée ? On va explorer les différents principes et différentes techniques employées, ce qui va permettre d'entrevoir pourquoi une fusée est à la fois simple et à la fois difficile à réaliser, et de comprendre pourquoi les belligérants de la guerre froide ont eu recours au savoir-faire nazi (au lieu de se débrouiller seuls). Épisode 3 - La propulsion Généralités Le moteur d'une fusée consiste à éjecter du gaz à haute vitesse vers l'arrière. Dans certaines bandes-dessinées par exemple, on voit le personnage utiliser un extincteur pour se propulser. Ceci suffit à faire accélérer la fusée par un principe bien connu : Action-Réaction (ou troisième Loi de Newton). Prenez un poids assez lourd, et jetez le fort devant vous, vous verrez que vous allez partir en arrière. Quand vous tirez au pistolet, ce dernier subit un recul, c'est la même chose. C'est le point commun entre un missile et un obus : par analogie les molécules du gaz sont les obus, et le canon est le missile. Un missile (ou une fusée), quand il accélère, subit en fait le recul de l'éjection des gaz. Une fusée qui décolle s'apparente alors à un canon qui tire plein de petits obus vers le bas. C'est un peu l'inverse de l'idée du canon de Jules Verne du coup, il n'était pas loin du compte finalement ! La différence majeure alors entre une fusée/missile et un canon à obus, c'est qu'un missile ou une fusée propulse le gaz (et les molécules qui le composent) de manière continue, alors que l'obus se fait propulser d'un coup une fois et c'est tout. Image du jeu mobile Jetpack Joyride - Le personnage utilise une mitraillette pointée vers le bas pour se propulser. En clair, prenez un gros canon, de type char d'assaut, pointez le vers le sol et tirez. Vous allez partir en l'air. Une fois en l'air, tirez encore une fois vers le sol pour continuer à monter etc... Une fusée c'est ce principe, sauf que l'analogie serait meilleure avec une mitraillette plutot qu'un canon de tank, comme dans Jetpack Joyride. Ce qui fait la différence justement entre une mitraillette et un canon de tank c'est la taille du projectile. On comprend alors que plus le projectile est petit plus la cadence d'éjection sera élevée, plus la propulsion sera "lisse" et sans à-coups, et plus la propulsion sera efficace. Quand c'est du gaz, les projectiles (les molécules) font quelques nanomètres c'est pourquoi un missile est plus efficace que notres obus tiré vers le bas. Ceci est un paramètre qui va rentrer en compte dans la mesure de ce qu'on appelle l'Impulsion Spécifique ou ISP, qui est un nombre qui rend compte de l'efficacité d'un moteur de fusée (on reviendra sur cet ISP dans un autre épisode). Ce principe des missiles a ouvert la voie a l'espace, car il permet d'accélérer aussi dans le vide spatial, étant donné que ce n'est que de l'action-réaction. On peut alors accélérer et freiner une fusée ou une sonde spatiale n'importe ou dans l'espace du moment qu'il y a du gaz à éjecter. Si un avion a réaction utilise le même principe d'action-réaction qu'une fusée, la différence c'est qu'une fusée, elle, utilise un cycle fermé, c'est à dire que tout le gaz qui sert à propulser l'engin est contenu initialement dans un réservoir. Un avion au contraire utilise de l'aspiration d'air qui est déjà présent dans l'atmosphère, c'est le cycle ouvert. Le cycle fermé c'est ce qui permet de se propulser dans le vide par exemple. Il permet aussi de développer une puissance mécanique beaucoup plus grande, puissance qui est nécessaire pour soulever toute la masse utile. Dans les épisodes suivants Les prochains posts vont parler des différents types de moteur de fusées, et ainsi des différents gaz de propulsion utilisés. Seront alors abordés : La propulsion à gaz froids La combustion solide et liquide La "mono-combustion" Les propulsions électriques et magnétiques Les propulsions sans gaz Les propulsions à fusion et fission nucléaire
  2. Pour lutter face à la pandémie, les laboratoires de recherche en médecine du monde entier s'activent pour trouve un traitement. Dernièrement la chloroquine a fait parler d'elle en tant que remède à la Covid-19 sous l'impulsion du Professeur Didier Raoult. Analyse. La chloroquine, chronique d'un emballement médiatique et populaire Sommaire Introduction Qui est le Professeur Raoult ? Le Pr Raoult et la pandémie de SARS-Cov-2 La chloroquine comme traitement Qu'est-ce que la chloroquine ? Les effets secondaires de la chloroquine Le traitement contre la Covid-19 L'étude du Pr Raoult Critique de l'étude L'erreur d'un scientifique et la réminiscence de la pseudo-science L'obstination de Raoult L'engouement à outrance Nouveau coronavirus et nouveau complotisme Les arguments récurrents Le complotisme Conclusion Introduction Qui est le Professeur Raoult ? Pour reprendre en partie l'introduction de Wikipédia, c'est un infectiologue et professeur de microbiologie. Il est spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté de médecine de Marseille. Il a reçu le grand prix de l'INSERM en 2010 pour l'ensemble de sa carrière. Il est directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille. Il est très largement reconnu par ses pairs dans son domaine. Pour le grand public, il est connu notamment pour son livre "La vérité sur les vaccins" dans lequel il propose une nuance par rapport à la politique vaccinale gouvernementale, en particulier sur le fait qu'une telle politique d'obligation ferait le jeu des contres-vérités anti-vaccins. Il milite notamment pour une utilisation plus efficace des vaccins. Sur ce sujet le débat qu'il propose relève de l'expertise médicale, je pense que les confrères du Pr Raoult proposent suffisamment de points de vues contraires pour ne pas faire rentrer des non-spécialistes dans ce débat, je n'y entrerai donc pas. Autrement dit je vois plus cela comme un débat interne à la communauté scientifique. Le grand public le connaît aussi pour ses positions plus que critiquables sur le changement climatique ; il se positionne comme ne "croyant pas aux prédictions". De mon point de vue, en tant que scientifique, en regardant ses nombreuses interviews je reconnais en lui un scientifique senior qui parle avec énormément d'expérience, ce qui peut, au travers de l'expression de cette expérience, fausser son jugement en ayant tendance à vouloir imposer ce dernier. En tant qu'humain je reconnais un homme avec un très gros ego, même s'il prend soin parfois de rester humble selon les interviews. Le Pr Raoult et la pandémie de SARS-Cov-2 Didier Raoult au début de l'épidémie s'était prononcé sur l’événement, qui n'était alors présent qu'en Chine. Il prédisait alors que l'épidémie ne serait que saisonnière. Durant ses interventions, il est d'ailleurs toujours resté réservé sur la gravité de la chose. Dernièrement, il s'est prononcé contre la procédure de confinement, la jugeant inutile, préconisant au contraire une multiplication des diagnostics et l'isolement seulement des personnes infectées (position qui a par ailleurs été reprise et déformée par des journaux d’extrême droite comme justificatif pour contrer la politique du gouvernement coûte que coûte). Sur cette position il s'inspire notamment du modèle sud-coréen, expliquant que le confinement de l'Italie (qui a été un des premiers pays à décréter le confinement total) n'a pas empêché le nombre de cas de grimper en flèche (et il a raison sur ce point), alors que la Corée aurait su endiguer la propagation. Au moment de la rédaction de cet article la Corée du Sud dénombre plus de 8000 cas (pour un pays de 50 000 000 d'habitants) : à vous de juger si vous trouvez que la technique coréenne a effectivement porté ses fruits ou non. Pour ces prédictions, il n'est pas à blâmer. Il n'a jamais affirmé de manière tranchée quoi que ce soit. Tout le monde peut se tromper (enfin pour quelqu'un qui ne supporte pas les prédictions mathématiques parce qu'elles sont souvent fausses, c'est ironique). Trêve de bavardages, ce qui nous intéresse ici, c'est ce qu'il s'est passé depuis le début d'année au niveau de la recherche. Ce qui nous intéresse c'est comment les informations ont été traitées... La chloroquine comme traitement Qu'est-ce que la chloroquine ? Les médicaments à base de chloroquine et de ses dérivés (hydroxychloroquine, phosphate de chloroquine, etc.) sont les traitements les plus répandus contre le paludisme. On retrouve dès les années 60 des travaux sur les propriétés antivirales de la chloroquine ; depuis lors, les tests conclusifs n'ont pu être fait uniquement in vitro. Aucun résultat positif ou très peu ont pu être obtenus in vivo (c'est-à-dire sur des cas concrets, et pas dans de simples souches de culture). Les effets secondaires de la chloroquine C'est l'une des critiques majeures face au traitement à la chloroquine, alors qu'en est-il ? Dès 1948 on découvre la sévère toxicité de la chloroquine (source), elle n'a alors pas été utilisée pendant de longues années pour cette même raison. Les médicaments à la chloroquine n'ont alors été produits qu'une fois que la recherche avait suffisamment avancé pour déterminer plus précisément les risques. Ces risques étaient présents notamment lorsque l'on essayait de traiter une maladie autre que le paludisme avec ces médicaments (exemple avec le traitement du lupus érythémateux). La chloroquine présente de nombreux effets secondaires graves, pour cette raison la science pharmaceutique a utilisé les dérivés comme l'hydroxychloroquine, qui est bien moins nocive. Dans la suite on parlera d'ailleurs uniquement de "chloroquine" en lieu de "hydroxychloroquine" Parmi ces nombreux effets toxiques comme les troubles digestifs, l'empoisonnement ou le risque de cécité, l'un des plus importants est le risque cardiovasculaire comme le précise cette fiche de la Société Française de Médecine d'Urgence (SFMU) : Chloroquine et hydroxychloroquine WWW.SFMU.ORG Rappelons la règle générale avec la biologie et la médecine : c'est la dose qui fait le poison. C'est pourquoi outre cette toxicité qui peut à première vue faire peur, tout est une question de posologie (de la même manière que vous pouvez très bien avaler sans risque le cyanure qui se trouve dans les amandes que vous avez à l'apéro). Sur cette fiche du SFMU, on peut voir que la dose toxique (à ne pas dépasser donc) est de 2 grammes pour un adulte, sous peine de problèmes cardiovasculaires sévères. Le traitement contre la Covid-19 D'où vient alors cette idée de soigner la Covid-19 avec la chloroquine ? On sait que ça marche très bien contre le paludisme, on ne peut rien affirmer à priori sur la Covid-19, premièrement par principe de précaution, deuxièmement parce qu'il n'y a aucune raison apparente que ça marche uniquement parce que ça a déjà marché sur le paludisme, et troisièmement parce que par le passé les exemples de dangers sur les maladies autres que le paludisme étaient présents, on l'a évoqué plus haut. Tout part d'une récente étude menée par des chercheurs chinois, étude publiée en une lettre au journal BioScience Trends. Cette publication est disponible sur ce lien. Ils montrent une "apparente efficacité" avec une "sûreté acceptable". Suite à cette étude, le Pr Raoult et d' autres scientifiques français et européens ont tout de suite encouragé les études poussées sur ce possible traitement, jugeant alors l'étude "vide" pour certains et sinon non-conclusive (ce qui est le cas). Avec l'arrivée du SARS-CoV-2 en France, ce fut alors au tour du Pr Raoult et de ses équipes à l'IHU de Marseille, de poursuivre cette voie de recherche. Il réalise une étude publiée sous la citation suivante : Gautret et al. (2020) Hydroxychloroquine and azithromycin as a treatment of COVID‐19: results of an open‐label non‐randomized clinical trial. L'étude est publiée le 17 mars 2020 dans l'International Journal of Antimicrobial Agents. L'étude est disponible sur ce lien. L'étude du Pr Raoult Pour l'étude, l'équipe du professeur a souhaité des volontaires de plus de 12 ans. Le consentement est assuré par une déclaration pour les adultes, et par une même déclaration signée des parents pour les moins de 18 ans. Le critère de sélection principal était d'avoir réalisé un prélèvement nasal positif au SARS-CoV-2, et d'ainsi être reconnu comme infecté. Pour tester les traitements on exécute le même test sur prélèvement nasal. Comme le rappelle le professeur Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris : ce test permet de déterminer la présence du virus dans l'échantillon, mais pas de déterminer si le patient est effectivement guéri. Si le test est positif cela veut dire que le virus est présent, le patient est infecté ; si le test est négatif cela veut dire que le virus n'est pas présent dans le test, mais on ne sais alors pas si le patient est réellement guéri ou pas. Au total ce sont 42 patients qui ont été sélectionnés. Parmi eux, seulement 26 ont accepté de prendre le traitement à base de chloroquine, les 16 restants ont donc été mis à l'étude en tant que "patients de contrôle", afin de voir l'évolution de la maladie en l'absence de traitement. À la fin de l'étude, 2 de ces 16 patients ont présenté un test négatif, sans traitement donc. L'équipe a alors administré le médicament à base de chloroquine aux 26 volontaires. Au bout de trois jours d'étude, 6 patients ont dû quitter l'étude. Trois patients sont partis en soins intensifs et l'étude a donc cessé pour eux, un patient a dû arrêter car il présentait des signes de nausées (les problèmes digestifs étant un effet secondaire de la chloroquine donc dans le doute le traitement a été stoppé), un autre a décidé tout simplement d'arrêter. Cela fait 5 patients, le sixième est mort alors qu'il présentait un test négatif au SARS-CoV-2. Ce dernier cas nous montre qu'un simple test négatif ne met pas le patient hors de danger, comme on l'a évoqué au-dessus. Il reste donc 20 patients traités à la chloroquine. A 6 d'entre eux on ajoute un traitement à l'azithromycine. Nous avons donc 6 patients traités au mélange azithromycine+chloroquine, et 14 traités à la chloroquine uniquement. A la fin de l'étude, les 6 patients traités à l'azithromycine ont tous présenté des tests négatifs ; et 8 des 14 patients traité à la chloroquine seule ont présenté des tests négatifs. Critique de l'étude Le Pr Raoult propose alors un traitement qui donne des résultats positifs (sans certitude de guérison toujours) sur 6 patients seulement ! Le traitement à la chloroquine seule ne donnant des résultats positifs que dans à peine la moitié des cas. Cela peut vouloir dire que le traitement est réellement efficace, comme cela peut vouloir dire que le traitement est efficace à 6% et que par hasard on soit tombé sur les 6 seuls patients qui ont apparemment guéri. Rajoutez à cela que normalement les meilleures études médicales (le gold standard) se font en randomisation, c'est à dire que les patients sont mélangés aléatoirement dans les différents groupes d'études, ce qui n'a pas été le cas au moment de décider qui allait recevoir l'azithromycine par exemple. De plus les meilleures études médicales se font aussi en aveugle, c'est à dire que le patient ne doit pas savoir dans quel groupe il est et quel traitement il prend, pour éviter entre autres les effets comme le placebo, ceci non plus n'a pas été fait. Ce n'est pas pour cela cependant que l'étude n'a pas été bien faite, l'étude vaut simplement ce qu'elle vaut avec les résultats qu'elle propose. C'est le travail du scientifique de se fier plus ou moins à une étude selon la quantité et la qualité de ses résultats. C'est ce qui est fait dans toutes les études scientifiques du monde : toute une partie de l'article scientifique est réservé à la critique de l'équipe de recherche vis-à-vis de leur propre étude, dans l'étude donnée sur le lien plus haut, c'est la partie numéro 4 nommée "Discussion". Dans la suite je reprendrai alors les mots de l'équipe du professeur Raoult lui-même. Inutile de critiquer l'étude puisque les scientifiques qui l'ont faite reconnaissent ses faiblesses, comme le ferait n'importe quel scientifique de n'importe quel domaine. L'étude donne une piste de recherche concernant les traitements à la chloroquine, plus qu'a faire plus de tests cliniques pour in fine déterminer si le traitement est bon comme c'est expliqué dans l'étude, c'est aussi simple que cela. Alors quel est le problème ? L'erreur d'un scientifique et la réminiscence de la pseudo-science L'obstination de Raoult Dans un article du 22 mars dernier, le journal Le Parisien rapporte les paroles du professeur marseillais : Ce même professeur qui, quelques semaines auparavant, encourageait les scientifiques chinois à faire plus de tests pour déterminer si la chloroquine est effectivement efficace, a désormais une opinion tranchée sur la base de seulement 6 patients, et souhaite ainsi appliquer son remède le plus rapidement possible. On l'a dit plus haut, c'est le travail du scientifique que de juger et de se fier correctement ou non aux différentes études. C'est donc une grave erreur méthodologique et déontologique, c'est la raison pour laquelle le reste de la communauté scientifique a vivement critiqué le professeur Raoult sur ce point. Comment a-t-il pu changer aussi radicalement de mode de pensée par rapport à la conclusion de sa propre étude ? L'explosion de son ego ? La célébrité qui lui monte à la tête ? Nous n'avons pas la réponse, présumer et affirmer quoi que ce soit sur ce point serait diffamatoire. Raoult s'enfonce dans un autre article du Parisien : Ici il fait une comparaison plus que mauvaise entre deux domaines complètements différents : une étude médicale ne se fait absolument pas de la même manière qu'une étude technologique. En outre, pas un instant Raoult ne se remet en question. Un argument foireux qui fait beaucoup penser au genre qu'il peut employer lorsqu'il parle de climat. De plus, le mort dans son étude, lui il ne l'a certes pas compté c'est sur... Outre la méthodologie, pour ceux qui préfèrent des choses concrètes, rappelez vous de tous les risques d'effets secondaires liés à la chloroquine dans les maladies autres que le paludisme. Par ailleurs dites vous aussi que le professeur Raoult préconise une posologie de 500 mg deux fois par jour, ce qui fait 1g par jour ; doit-je rappeler que la dose toxique de l'hydroxychloroquine est de 2g chez l'adulte ? Raoult a lui-même confié à Sciences et Avenir que "Toutefois, 500 mg deux fois par jour est certes une dose importante". Encore une fois il est question d'être scientifique, cela ne veut pas dire que le traitement à la chloroquine est dangereux, cela veut dire qu'on ne sait absolument rien sur ce traitement et que les risques, s'il y en a, ne sont absolument pas identifiés. Le ministre de la santé Olivier Véran a tenu à rappeler aux journaliste présents au point presse une leçon de science (lien de la vidéo) : Olivier Véran a d'ailleurs rappelé qu'il travaillait étroitement avec le professeur Raoult et le reste de la communauté scientifique. Le professeur Raoult et ses équipes travaillent sur les essais cliniques nécessaires désormais. Alexandre Bleibtreu, que l'on a déjà évoqué, travaille lui aussi en collaboration avec les équipes du professeur Raoult, et rappelle à son tour que les tests doivent être faits et sont en train d'être faits, et qu'aucun médecin ne prendra la décision d'appliquer le traitement basé sur une telle étude. En l’occurrence, de larges tests cliniques sont en cours à l'échelle européenne ; ils ont pour but de tester spécifiquement 4 solutions, dont une concernant les traitements à base de chloroquine. Du coté scientifique tout semble suivre alors le cours normal des choses : les tests vont êtres faits, si la chloroquine se révèle concluante le remède sera distribué, dans le cas contraire il ne le sera pas ; si au contraire un autre remède est trouvé alors c'est lui qui sera distribué, tout simplement. Par exemple, entre autres, le Canada travaille sur un traitement à base de colchicine (sur 6000 participants juste pour comparer). Les autres tests en cours sur les différentes possibilités de remèdes ont été recensé par Sciences et Avenir dans cet article. La communauté scientifique a d'ailleurs critiqué de la même manière les laboratoires comme Sanofi qui proposaient déjà de fournir de la chloroquine pour soigner des centaines de milliers de patients, rappelant alors, à l'image du ministre, que c'est une bonne chose que tout soit prêt dans le cas ou la chloroquine se révèle efficace, mais que c'est inutile tant qu'on ne sait rien, et qu'il ne faut donc pas se précipiter. L'engouement à outrance Nous entrons dans la partie centrale de l'article. Dès lors que l'on évoque une pandémie mondiale, les gens paniquent, c'est un fait. L'immaturité, l'irresponsabilité, la crédulité et la bêtise de certaines personnes ne sont plus à prouver pendant cet événement. Cette même panique qui provoque impulsivement l'achat de dizaines de kilos entiers de papier toilette, permet d'entrevoir ce qu'il se passe pour la chloroquine. Que ce soit à l'échelle populaire ou à l'échelle du président des USA, le monde a crié Hourra! à la chloroquine. Mais si cet article est aussi long, c'est qu'il n'a pas suffi que la communauté scientifique rappelle que l'étude n'est pas concluante et qu'il faut faire plus d'essais cliniques, cela aurait été bien trop simple... Non au contraire, ça a été la naissance et la germination, sous le coup de toute cette panique et de cet engouement trop soudain, de bon nombre d'idées pseudo-scientifiques et complotistes, qui n'ont alors fait qu'envenimer le débat qui aurait pu s'arrêter là. Et dans tout cela on observe toujours les mêmes cas d'école bien que ce soit inédit sur certains aspects. J'ai parcouru le net à la quête des réactions des gens et des arguments qu'ils avancent, nous allons étudier, analyser et répondre à ces arguments classiques, au regard du reste de l'article ci-dessus. Nouveau coronavirus et nouveau complotisme Les arguments récurrents Vous l'aurez compris, le plus grave dans cet affaire est la prise de risque énorme, à l'encontre des principes mêmes de la science qu'engendrerait l'application du traitement du professeur Raoult. Le premier argument est donc l'évocation des effets secondaires, et ainsi le contre-argument le plus populaire est : "Non mais moi j'en ai toujours pris de la chloroquine j'ai jamais rien eu" C'est un cas d'école, l'argument fallacieux est facile, et la réponse l'est tout autant : depuis quand un résultat positif sur une personne est concluant ? Les scientifiques râlent déjà pour des résultats sur une vingtaine de personnes alors c'est pas pour qu'un illustre inconnu argumente sur sa propre expérience personnelle. De plus, les gens qui ont "toujours pris de la chloroquine et qui n'ont jamais rien eu" ont été traités pour le paludisme, et en effet l'efficacité de la chloroquine sur le paludisme n'est plus à prouver. Rappelons-leur, si ce n'est pas déjà évident, qu'il n'y a aucune raison que le traitement fonctionne sur la Covid-19 sous prétexte qu'il marche sur le paludisme. Cependant, quand on rappelle que l'expérience personnelle n'est pas quelque chose sur laquelle on peut se fier on a droit à : "Mais il n'y a pas que moi, je connais plein de gens aussi qui n'ont jamais eu de problèmes" ou encore sa variante "La chloroquine est un des médicaments les plus utilisés dans le monde, ça se saurait si c'était dangereux" C'est l'un des sophismes les plus courants, l'appel au nombre. Ce n'est évidemment pas plus pertinent que le précédent argument, d'une part parce que cela s'applique de la même manière au paludisme, et d'autre part parce que si à la limite l'expérience personnelle peut être analysée correctement, faire appel à "des autres" et à "plein d'amis" ne rend l'argument que plus flou et que moins crédible, et bien sûr beaucoup moins fiable que ce qu'il ne l'était déjà. De plus ce même appel à la tradition ("on fait déjà comme cela pourquoi changer ?") est dangereux dans ce cas. Les médicaments anti-inflammatoires sont aussi parmi les plus répandus dans le monde, à la différence que dans le cas de la Covid-19, et du fait de la propriété" immunosuppresseur" de ces médicaments, l'ingestion d'un anti-inflammatoire en étant infecté vous envoie tout droit en soins intensifs. Pourtant ça marche bien dans le cas d'autres maladies, tiens donc... La fièvre est un des symptômes de la Covid-19. Imaginez-vous ce que cela aurait donné si pour combattre la fièvre tout le monde aurait pris des anti-inflammatoires parce que "d'habitude ça combat la fièvre" ? Imaginez-vous les conséquences si la science s'était reposée sur le simple fait que ça fonctionne sur d'autres maladies, et n'avait pas fait les tests nécessaires pour découvrir cet effet néfaste des anti-inflammatoires ? Imaginez-vous les conséquences si la science avait appliqué la méthodologie du professeur Raoult ? Ce qui est étrange, c'est que parmi cette population de personnes qui utilisent de tels arguments, on retrouve toute la communauté des défenseurs des médecines parallèles. Rappelons que l'un des credo de cette communauté est d'appliquer le principe de précaution vis-à-vis de toute l'industrie pharmaceutique. Donc ces gens ne veulent pas d' un médicament reconnu et assuré par toutes les études scientifiques et cliniques nécessaires ; ils n'en veulent pas et préconisent au contraire l'utilisation de techniques et remèdes pseudo-scientifiques qui n'ont jamais été prouvés ; pourtant un remède (fabriqué par la même industrie pharmaceutique) basé sur 6 personnes provoque l'engouement immédiat de ces personnes… Il y a donc là une incongruité notable. Nous ne sommes pas encore entrés dans le vrai complotisme, mais on a déjà des exemples clairs de la mentalité complotiste et pseudo-scientifique : la volonté inébranlable et le devoir d'aller à contre-courant, peu importe la logique derrière. Ainsi l'on voit, comme on l'a évoqué ci-dessus, ceux qui crachaient hier de peur sur l'industrie pharmaceutique encenser un de ses produits aujourd'hui. Revenons dans un cas plus général. Il n'y a pourtant aucunement besoin d'être scientifique pour comprendre qu'un essai sur une vingtaine de personnes ce n'est clairement pas assez et que c'est possible qu'un scientifique, aussi reconnu soit-il puisse faire une erreur ; mais certains vont vous rétorquer : "Comment toi, un inconnu sur internet peut critiquer l'un des meilleurs infectiologues du monde ?" "Qui êtes vous pour critiquer un professeur de médecine et directeur d'un IHU ?" Évidemment c'est tout l'art de l'argument d'autorité : c'est un scientifique, un grand spécialiste alors il est inébranlable. Certes très peu ont les capacités intellectuelles d'attaquer le professeur Raoult sur le sujet de l'épidémiologie. Personne ne le fait d'ailleurs, puisque qu'encore une fois il n'est pas nécessaire d'être scientifique pour déceler une telle erreur de méthodologie. Il est encore plus simple de rappeler à ces gens que ce ne sont pas nous, petits inconnus qui critiquons la méthodologie de Raoult, mais le reste de la communauté scientifique en médecine et en infectiologie. Il est intéressant de voir qu'une fois que des gens, pris de panique ou autre, une fois ancrés dans leur idées sont incapables de reconnaître l'autorité des autres scientifiques qui critiquent Raoult (qui sont tout aussi compétents que lui, bien que moins célèbres) de la même manière qu'ils reconnaissent l'autorité de ce dernier. Enfin l'argument qui est peut-être le plus répandu, et parmi tout cela peut-être le plus convenable : "Je préfère prendre le risque de me soigner à la chloroquine que ne pas me soigner du tout" Il est difficilement attaquable car il implique la notion de choix individuel. Nous avons vu à travers cet article les dangers et les risques que ces personnes accepteraient de prendre. Sauf que cela n'implique pas qu'eux, la responsabilité se reporte alors sur les médecins qui acceptent de leur prescrire la chloroquine. Les hôpitaux eux-même commencent à distribuer le médicament d'une part dans un but de test (ce qui est la chose à faire), et d'autre part à titre compassionnel. Dans l'analogie du parachute énoncée plus haut, les gens rétorquent préférer sauter avec un parachute mal testé plutôt que sans parachute. Ceci confirme le caractère fallacieux de cette analogie. On devrait la poser ainsi : Préférez-vous sauter avec un parachute mal testé qui pourrait peut-être vous électrocuter avant de toucher le sol ? Ou sauter sans parachute et faire confiance à votre moniteur de parachutisme qui vous rattrapera en plein vol avec un parachute parfaitement fonctionnel et qui vous fera atterrir en douceur ? Le complotisme Mettons les pieds dans le plat, si les précédents arguments peuvent paraître compréhensibles et avec une certaine logique, entrons maintenant dans le complotisme dans ce qu'il a de plus dur. Encore une fois nous voyons un cas d'école. L'appel à la censure académique. Raoult serait victime de censure et le reste de la science académique voudrait le faire taire. Il y aurait plusieurs raisons, la plus commune étant que son traitement est très peu coûteux (ce qui est le cas) et que l'industrie pharmaceutique chercherait à le faire taire pour privilégier les traitements coûteux qui leur rapporteraient alors plus d'argent, principe du lobbying. Ainsi certains vont jusqu'à qualifier Raoult de véritable Héros qui se bat contre la censure. Par où commencer ? Peut-être par le fait que le traitement à la chloroquine comme on l'a évoqué est fabriqué par cette même industrie pharmaceutique, et que Sanofi lui-même, troisième leader mondial du médicament, s'est proposé de fournir des millions de doses de Plaquenil au vu de l'étude du professeur Raoult. Donc ils soutiennent l'étude de Raoult... pour mieux le censurer par la suite... ou alors c'est une ruse pour... non ne cherchons plus. Pour compléter, une variante de cette théorie du complot dénonce que le gouvernement fait tout pour empêcher la chloroquine... Doit-on rappeler là aussi que les tests cliniques que tout le monde réclame sont en cours ? L'argument de la censure académique est récurrent dans bon nombre de domaines en sciences, et fera l'objet d'un autre article spécifique. Il consiste en bref à dire que les scientifiques qui ne pensent pas comme tout le monde seraient censurés. La véritable raison est qu'ils ne font pas leur travail, en refusant notamment plus d'études quand leur pairs dénoncent le manque de sérieux. Je peux vous assurer que si on virait les scientifiques dès qu'il y a un désaccord au niveau des idées, des opinions et des théories au sein de la communauté il ne resterai plus grand monde. Déjà en ce moment, Raoult est élevé au rang quasi religieux par bon nombre de personnes ! Il est ainsi comparé au "Messie", à un "Guide pour le peuple", à un "Phare dans la Nuit", pour reprendre les mots que j'ai aperçu sur les réseaux sociaux. J'ai pu lire aussi le fait que le professeur Raoult dérange car il est trop en avance, et que notre science est trop archaïque pour reconnaître son génie. C'est évident, c'est l'un des meilleurs infectiologues du monde reconnu par tous ses pairs, mais la science ne reconnaît pas son talent. Pour terminer sur les théories complotistes, notez bien ce qu'il se passera dans les deux cas suivants possibles : Soit d'une part, la chloroquine se révèle inefficace et/ou trop dangereuse, le traitement ne sera pas choisi, et le professeur Raoult comprendra, je l'espère, en bon scientifique, que son idée était une bonne piste mais non fiable. Cela n'empêchera pas les complotistes de crier au complot. Soit d'autre part l'efficacité de la chloroquine est avérée et le professeur Raoult sera alors considéré comme un héros et on aura le droit à "on vous l'avait bien dit" alors qu'il n'a jamais été question de réfuter de but en blanc l'efficacité de la chloroquine et que cela ne change rien à l'erreur grave qu'il commet en voulant sauter les étapes. En cas d'efficacité, la science, elle, retiendra la communauté scientifique qui a réagi pour faire respecter la méthodologie scientifique. Ceci nous permet d'aborder un aspect récurrent de la psychologie complotiste : le fait de se braquer en se persuadant que l'autre est forcément contre notre pensée, cela mène aux extravagances que l'on a évoquées. C'est le schéma récurrent du débat "pour" vs "pas contre" qui est transformé en "pour" vs "contre" systématiquement. Il est alors important de rappeler que la communauté scientifique qui est contre le comportement du Pr Raoult n'est pas contre la chloroquine, et n'importe quel médecin aussi critique soit-il envers le professeur a pour plus profond souhait que la chloroquine se révèle curative ! Conclusion L'engouement inutile autour de la chloroquine nous a donc offert de bons exemples de psychologie complotiste ; des gens qui, pour diverses raisons restent complètement bloqués sur une première idée, une première opinion. Les arguments fallacieux de manière générale vont bon train pour défendre à outrance la chloroquine et l'attitude du professeur Raoult. La science continue et continuera de faire son travail, et cela comprend aussi les discussion et débats internes au sein de la communauté scientifique. La chloroquine sera bien évidemment distribuée comme traitement si les études en cours se révèlent concluantes. En tant que scientifique bien évidemment je souhaite que le professeur Raoult ait raison dans le fond (il demeurera indéfendable dans la forme), mais nous devons attendre que la science fasse son travail, correctement. Enfin pour conclure j'aborde un dernier argument très souvent utilisé : "D'accord il faut faire des tests, mais on n'a pas le temps" En effet la science fonctionne moins bien dans l'urgence, mais cela reste faux. Comme l'aime à rappeler Didier Raoult lui-même, "un virus comme le SARS-CoV-2 ne mérite pas que l'on panique". Les mesures sanitaires suffisent amplement, l'humanité n'est pas sur le point de s'éteindre, il y a largement le temps d'avoir un remède fiable et beaucoup plus efficace plutôt qu'un remède à la "mieux que rien" et plus qu'incertain. POUR EN SAVOIR PLUS : Une publication scientifique sur l'état de la recherche concernant la chloroquine sur le sars-cov-2 : Of chloroquine and COVID-19 - ScienceDirect WWW.SCIENCEDIRECT.COM Recent publications have brought attention to the possible benefit of chloroquine, a broadly used antimalarial drug, in the treatment of patients infe… Une autre publication scientifique chinoise in vivo sur la chloroquine, dont la conclusion est... qu'on ne peut pas conclure : A pilot study of hydroxychloroquine in treatment of patients with common coronavirus disease-19 (COVID-19) WWW.ZJUJOURNALS.COM Des articles de presse : Coronavirus : la chloroquine pourrait-elle vraiment fonctionner? WWW.POURQUOIDOCTEUR.FR La chloroquine, molécule utilisée dans le traitement du paludisme, a donné des résultats encourageants lors d'études pour traiter le coronavirus. Il est toutefois encore un peu trop tôt pour s'emballer. . Covid-19 : le point sur la chloroquine WWW.SCIENCESETAVENIR.FR Le point sur le traitement de chloroquine contre Covid-19, les essais en cours et la position du Haut Conseil de la santé publique L'interview d'Alexandre Bleibtreu sur RTL, très instructive. Il adopte une façon de parler qui fait honneur à la profession scientifique. Un article très intéressant sur Didier Raoult et sa personalité Didier Raoult, chercheur disruptif WWW.FRANCECULTURE.FR Ce scientifique controversé est à la tête du plus grand centre dédié aux maladies infectieuses en France, à Marseille. On lui doit la découverte des premiers virus géants et récemment une étude sur le traitement à...
  3. Absolument pas, je parle de chauve souris depuis tout à l'heure mais c'est une hypothèse, sauf que celle-ci parait bien plausible. Une autre hypothèse viendrait du pangolin, c'est une hypothèse radicalement différente d'un point de vue biologique, puisque ça ne vient pas de la même espèce etc..., donc ça implique des conséquences complètement différentes pour les biologistes. Pourtant je ne la réfute pas non plus... Bonne soirée à vous.
  4. A quel moment on vous a interdit d'y réfléchir ? On a juste donné tout du long des éléments pour situer la "probabilité plus ou moins forte" du coté du "moins forte", c'est tout. Et comme je l'ai dit j'espère que ça aura répondu à vos questions que vous vous posez.
  5. Oui bah la question se pose je vous ai répondu. J'ai pas dit que ce n'est pas plausible, c'est peu plausible. Et ben voilà. Vous avez résumé, donc il ne sert à rien que vous insistiez. Je ne refuse pas la possibilité de cette hypothèse. C'est beaucoup beaucoup moins plausible que l'hypothèse selon laquelle le patient zéro à juste mangé une chauve-souris infectée, et ça ne veut pas dire que c'est impossible pourquoi vous insistez alors ?
  6. De une, on ne sais pas si c'est une chauve souris qui est à l'origine, c'est une piste, étant donnée que les autres espèces de sars-cov sont présents relativement exclusivement chez les chauves-souris, mais ce n'est qu'une piste, au même titre que la piste du pangolin. Par contre il n'y a qu'en chine où on mange des chauves souris et des pangolins comme ça, et donc où le virus peut se transmettre à l'homme. Je n'ai jamais dit que j'avais des informations sur ce laboratoire, je sais que c'est un des labos les plus sécurisé du monde, mais je le répète cela n'exclut pas une faille, c'est tout. Oui c'est un peu notre objectif d'identifier et de prévenir les dérives complotistes aussi hein, je veux bien vous croire que ce n'est pas votre but mais en arrivant défendant une thèse pas très plausible et en nous traitant de "mouton"... Vous raisonnez comme un complotiste sachez-le : vos questions sont toutes orientées dans le sens de votre thèse, et non pas dans le sens des deux thèses à égalité comme vous prétendez le faire, et comme le ferait un esprit scientifique. Ca ne prouve rien, tout ce que ça fait c'est que ça ne contredit pas la thèse de la fuite, mais ça ne prouve rien du tout. Vous vous posez des questions, parce qu'il y a des coincidences ? Bah on y a répondu à vos questions : c'est pas impossible mais très peu probable/plausible. Que vous faut-il de plus ? Si vous continuez je vais croire que vous vous accrochez vraiment à cette hypothèse et que pour vous ce n'est pas "juste une hypothèse"...
  7. On ne sait pas du tout si l'épidémie va durer ou non, ça peut se terminer cet été ou empirer sur plusieurs années, aucun scientifique ne peut prévoir cela : Les vaccins sont prêts en quelques mois parce que c'est facile de faire un vaccin, ce qui prend du temps c'est d'en faire un qui marche. Je répète que personne de sérieux ne prétend avoir un vaccin qui fonctionne aujourd'hui. Donc oui on a des premiers prototypes de vaccin déjà, c'est normal. Si l'épidémie s'arrête cet été et qu'on a pas de vaccin, et bien ce sera temps pis, et ça fera comme le premier sars-cov Le virus n'est pas inconnu, il a été séquencé et isolé très rapidement bien avant le début des mesures de confinement, notamment grâce à l'institut pasteur. Dès que les premiers cas sont déclarés, le séquençage pour un grand laboratoire est une chose assez rapide, peut importe le pays car la recherche est une collaboration internationale entre les différents centre de recherche (peu importe le domaine scientifique, sauf le domaine militaire évidemment). Le virus a d'ailleurs souvent changé de nom. De plus faites attention à distinguer "média" et "scientifiques" dans vos phrases, ce n'est pas du tout la même chose. Les médias disent ce qu'ils ont envie de dire, la connaissance scientifique c'est complètement différent. Finalement le coronavirus est assez bénin comparé à ce que la nature pourrait nous infliger, il donc est très probable d'avoir un vaccin efficace un jour. N’oubliez pas que entre 2003 et aujourd’hui l'époque à changer : la société n'est pas la même, la politique n'est pas la même, la recherche scientifique n'est pas la même, les enjeux ne sont pas les mêmes. On peut pas vraiment comparer style "et pourquoi qu'en 2003 c'était comme ci, et là c'est plus comme ça ?" C'est un laboratoire P4, comme je l'ai dit un laboratoire P4 travaille sur des agents beaucoup plus dangereux qu'un simple sars-cov. On ne vous ordonne pas de ne pas pensez à cette éventualité on vous explique que ce n'est pas plausible, mais vous voulez absolument trouver des éléments qui rendraient ce scénario plausible, pourquoi ? Parce que vous vous y accrochez bec et ongles. Ce n'est pas en niant qu'un P4 soit un des endroits les plus sécurisés du monde que ça va changer quelque chose. Les P4 sont parmi les endroits les plus sécurisés du monde c'est un fait, cela n'exclut pas une fuite, mais apparemment cela ne vous suffit pas, parce que vous vous y accrocher bec et ongles encore une fois. Ce n'est pas juste "un questionnement" vous ne nous ferez pas croire ça. Si vous êtes de bonne foi admettez juste que cette éventualité est possible, mais peu plausible, sans remettre en cause les faits.
  8. Parce que l'épidémie à été endiguée rapidement, et donc il n'y a pas eu suffisamment d'essais clinique pour avoir un développement nominal d'un vaccin. Ce n'est pas comme les maladies virales plus communes comme la grippe. Depuis lors les recherches avancent sur le sars-cov1, mais très très très lentement d'une part parce que les essais cliniques sont réduits au minimum vu que l'épidémie n'est plus là, et d'autre part parce que ya plus vraiment besoin de trouver le vaccin vu que l'épidémie est endiguée depuis longtemps ; la recherche sur les vaccins préfère alors se focaliser sur les maladies prioritaires (encore pas mal de maladies n'ont pas trouvé de vaccin). Dans quelques mois il n'y aura probablement pas de vaccin contre le sars-cov2. C'est possible, quand on dit 5 ans, c'est une moyenne, c'est possible que les premiers prototypes soient les bons par chance. Quant à la concurrence comme dans tous les domaines elle est nécessaire. Que ce soit pour le commerce et l'industrie avec le libéralisme ou en recherche scientifique. En l’occurrence ce sont aussi bien des laboratoires privés ou des instituts publics ou des universités qui travaillent dessus. C'est très courant en recherche scientifique, même au sein d'un même laboratoire de mettre en place différents groupes de recherches qui vont travailler indépendamment sur un même sujet pour deux raisons majeures : essayer plusieurs méthodes et ainsi accélérer la recherche, et surtout être sur de ne pas être soumis au biais de confirmation, en travaillant indépendamment cela assure en partie que les résultats ne sont pas biaisés. Par exemple si deux laboratoires testent le même vaccin et obtiennent indépendamment les mêmes résultats positifs, cela tendra a confirmer que le vaccin est efficace. C'est donc normal que les laboratoires se fassent concurrence, rajoutez en plus un certain aspect commercial quand il s'agit de laboratoires privés. Parce que les médias s'en fiche tout simplement. C'est quand on a besoin d'une information qu'on utilise cette information. Là, le gars s'est mis à raconter n'importe quoi dans ça vidéo, on a eu besoin de l'information pour démentir. Si il y a eu une fuite d'un laboratoire, peut-être. Mais pourquoi vouloir à tout prix défendre cette idée ? Pourquoi directement penser à cette éventualité ? "on peut se poser bien des questions ", vous ne posez pas des questions vous défendez clairement la thèse de la fuite et de la dissimulation de faits. Ce n'est pas du complotisme, mais vous êtes sur l'autoroute qui mène au complotisme. Un peu de bon sens, si il y a eu une fuite on le saura un jour, en attendant qu'est-ce qui vous parait le plus plausible entre un virus qui s'est transmis naturellement à l'Homme par les animaux (ce qui est cohérent avec les autres espèces du même genre que le sars-cov qui sont uniquement animales, d'où la piste de la chauve-souris), ou qu'un des laboratoires les plus sécurisés du monde qui travaille avec des agents pathogènes beaucoup plus dangereux que le tout petit sars-cov2 ai eu une fuite ? Le mécanisme complotiste c'est de s'accrocher directement à la thèse qui donne le plus l'impression d'aller à contre-courant, peut importe si cette thèse est plausible ou non. SI je vous donne une preuve qu'il n'y pas eu de fuite vous me répondrez que la preuve est officielle et donc forcément ils ont dissimulé l'affaire, donc c'est inutile.
  9. On n'a pas de vaccin contre le VIH parce que le VIH à un effet immunodépresseur, donc les vaccins classiques ne peuvent pas fonctionner ! Inutile de tomber dans le complotisme, il vaut mieux s'informer avant. Un vaccin ça prend entre 2 et 5 ans. Il est normal qu'au bout de quelques semaines des premiers prototypes soient produit (personne de sérieux n'a jamais parlé de vrais vaccins), même s'il y a peu de chance que ce soit efficace. On ne parle pas d'un sujet militaire qui doit être classé secret d'Etat. On parle d'un organisme scientifique. Quand les scientifiques se trompent ils le disent, ça fait partie de leur métier. Vous savez il y a à peu près 50 espèces de coronavirus différentes, toutes ne touchent pas l'humain. Dernièrement il n'y a pas eu que le SRAS-Cov il y a eu aussi le MERS-Cov pour ne citer que le plus létal. Mais c'est plus simple d'ignorer le reste de ce qui existe, sinon on devrait prendre en compte toute la réalité du phénomène et les théories complotistes seraient bien plus compliquées à élaborer... Absolument personne n'a dit le contraire.
  10. En pleine pandémie mondiale, un des problèmes majeurs concerne la pénurie de masques de protection contre le virus. On trouve alors sur internet plein d'informations concernant les masques, et notamment à propos de leur fabrication maison. Les masques médicaux Il existe plusieurs modèles de masque. Premièrement, un masque chirurgical ne protège pas du virus, il est utile pour ne pas propager votre maladie. Pour se protéger d'un virus il faut un masque FFP (pour Filtering FacePiece). Il en existe trois types : Le masque FFP1 : c'est le masque de chantier. Il protège efficacement contre les poussières causées par le bricolage, quand on scie du bois, découpe de la faïence ou du béton, etc. Il filtre les grosses particules, les poussières. Le masque FFP2 pour se protéger d'un agent pathogène comme un virus. Il filtre les particules microscopiques, de la taille d'une cellule biologique (virus, bactérie). Le masque FFP3 est destiné pour filtrer les particules encore plus petites que les agents pathogènes : les nano-particules. L'utilisation la plus courante est contre les vapeurs d'amiante par exemple. Rappelons que le masque FFP2 est réservé au personnel de santé. Si vous n'exercez pas d'activité médicale, respecter le confinement et les gestes d'hygiène suffit amplement à vous protéger, vous et les autres. Les masques fait maison Vous l'avez compris, pour se protéger il faut appliquer le principe de la passoire. Pour avoir un masque efficace, comme le FFP2, il faut donc que les trous dans votre masque soit suffisamment petits pour ne pas laisser passer les virus, et suffisamment gros pour laisser passer l'air. Un simple masque en tissu, s'il peut bloquer les poils de chat et prévenir vos allergies, ne peut absolument pas bloquer un virus. Pour le cas du SARS-Cov2, on parle d'un "gros virus". Il est gros comparé à d'autres virus, mais il ne faut pas oublier que l'on parle d'un objet de 125 nanomètres. Soit 10 000 fois plus petit qu'un millimètre. Les mailles d'un tissu sont beaucoup trop larges pour empêcher les virus de passer. On parle aussi d'utiliser des filtres à café. Certes les filtres à café ont des mailles beaucoup plus petites qu'un tissu normal de vêtement. Mais là encore un filtre à café permet de filtrer des particules d'une taille d'une dizaine de micromètres (un centième de millimètre). C'est encore 100 fois trop large pour un virus (même un "gros"). Les rumeurs selon lesquelles un masque fait maison suffit pour se protéger sont donc bien évidemment fausses. Elles se propagent à partir de nids de pseudo-sciences, et relayées par des charlatans, comme le Pr Henri Joyeux. N'écoutez que les recommandations officielles et les scientifiques. Et dans ces cas là un peu de bon sens : si c'était aussi facile de se protéger d'un virus que de filtrer son café on n'aurait pas autant de problèmes. POUR EN SAVOIR PLUS : Un article de France Info abordant plusieurs sujets dont l'efficacité des masques. Epidémie de coronavirus : boissons chaudes, soleil, test à faire soi-même... Nous avons passé au crible les pseudo-conseils envoyés par un message viral WWW.FRANCETVINFO.FR Un document abondamment partagé prétend fournir des informations sur le virus ainsi que sur la manière de s'en prémunir. Il ne donne en réalité que des recommandations fausses ou sans fondement scientifique.
  11. A l'heure de la rédaction de cet article, l'Italie est un pays éteint à cause de la pandémie de coronavirus, et la France est sur le point de faire de même. On parle de couvre-feu militaire, de loi martiale, et surtout, on panique, pendant que d'autres minimisent encore et toujours les dangers. Faisons un point. La létalité Les dangers du coronavirus, et de manière générale d'une épidémie ou d'une pandémie sont multiple. Évidemment, le premier danger auquel on pense, est la capacité du virus ou de l'agent pathogène à tuer. Statistiquement cela ce traduit par la létalité. En moyenne le Covid-19 a une létalité de 3% à peu près, cela veut dire que statistiquement vous avez 3 chances sur 100 d'y rester si vous êtes infectés. Si cela est non négligeable, cela peu paraître peu, comparé à d'autres épidémies, comme les autres coronavirus : Pour cet aspect du danger il n'y a pas de solutions toutes faites : il faut trouver un remède. Pour le coronavirus, on a pas beaucoup de perspectives de remèdes. Ce qui nous expose a d'autres dangers... L'infectiosité Évidemment, le deuxième danger qui saute aux yeux c'est la capacité de l'agent pathogène à se propager. Bien sûr, plus il infectera de monde, plus il y aura de morts et autres séquelles. C'est bien évidemment pour cet aspect-là du danger que les mesures sanitaires sont faites (confinement, etc.). Si on n'est pas capable de contrer le premier danger (donc de trouver un remède), l'idée est d'au moins limiter le plus possible les dégâts. Mais le principal danger, le plus important n'est pas la létalité ou l'infectiosité, c'est un aspect beaucoup moins visible, qui rend les deux autres bien plus dangereux à leur tour... L'imprédictibilité L'évolution d'une population, quelle qu'elle soit, en l’occurrence une population de virus est soumise à la théorie du chaos. En effet, mettons qu'une personne infectée en infecte deux autres. A chaque contact le nombre d'infectés va alors doubler. Passant de 1 à 2, à 4, puis 8, 16, 32 etc.. C'est ce qu'on appelle à juste titre une propagation exponentielle. Quand une évolution de ce type est exponentielle, alors on dit que l'évolution est chaotique. Et la conséquence majeure c'est l'imprédictibilité. On pourra faire des calculs savants, on n'arrivera pas à prédire l'évolution future passé une certaine date, de la même manière que la météorologie ne peut pas prédire correctement le temps passés quelques jours. C'est exactement ce qu'il s'applique lors d'une épidémie, et encore pire lors d'une pandémie. La propagation du virus est alors rapidement changeante et presque impossible à prédire, rendant alors l'aspect de l'infectiosité bien plus dangereux. Conclusion C'est pour cela que les mesures sanitaires doivent être si drastiques. Les autres maladies, qui pourtant peuvent être bien plus létales et donc à première vue bien plus dangereuses, ne le sont pourtant pas forcément, et pour plusieurs raisons, qui dépendent des cas. Par exemple pour la rougeole, qui est pourtant terriblement infectieuse, nous possédons un vaccin. Bien que très largement insuffisante pour éradiquer définitivement cette maladie, la couverture vaccinale mondiale est suffisant pour stabiliser la propagation. Ce qui fait que la rougeole fait à l'heure actuelle beaucoup plus de mort et de dégâts que le coronavirus, mais n'est pas imprévisible. Ce qui fait que dans l'absolu, lorsque l'on parle de danger (et donc de risque) et non pas de conséquences établies, le coronavirus est un énorme danger à l'heure actuelle. Si jamais, pour une quelconque raison, la rougeole se mettait à se répandre de la même manière (chaotiquement) que le coronavirus, les mêmes mesures sanitaires seront alors prises, et elle devront d'ailleurs être bien plus autoritaires. Donc oui, le coronavirus touche moins de monde et fait beaucoup moins de morts que la simple grippe ou que bien d'autres maladies. Mais la pandémie est imprévisible, de là viennent les estimations pessimistes selon lesquelles le virus aurait pu contaminer 60 ou 80% de la population mondiale... parce que étant imprévisible, cela aurait pu être un scénario tout à fait possible. Cependant aucune raison de paniquer, suivez les actualités du ministère de la santé et de l'OMS qui sont les seules sources fiables. Suivez les recommandations, les lois et les décrets, restez chez vous, et tout ira bien.
  12. L'EXPLORATION SPATIALE Bienvenue sur cet épisode de présentation de cette série dédiée à l'histoire et aux techniques de l'exploration spatiale. Épisode 0 - Présentation Voici le début d'une série consacrée à l'exploration spatiale : son histoire, ses techniques, ses enjeux, mais également la physique, la technologie et la science qu'il y a derrière tout cela. À l'aube de l'ère commerciale de l'Espace, son exploration est source d'émerveillement et de rêves chez certains, d'inquiétudes et de doutes chez d'autres. Cette série s'adresse à tout le monde, aucun prérequis n'est nécessaire. Cette série cible avant tout les curieux, les intéressés, les passionnés qui veulent découvrir ou redécouvrir le sujet. Elle s'adresse également à ceux qui sont plus empreints de doutes, et qui ne croient pas forcément à l'exploration spatiale. En lisant cette série, ils pourront découvrir en détail la version officielle, l'histoire dans sa complexité et se rendre compte que cela ne se réfute pas aussi facilement. Les différents épisodes seront publiés sans forcément de régularité et tous les épisodes à venir seront disponible dans le dossier associé sur le lien suivant : https://commeundoute.net/forum/80-serie-histoires-et-techniques-de-lexploration-spatiale/ Au travers de certains épisodes, certains aspects économiques et géopolitiques seront abordés. Bien entendu personne ne défendra le nazisme, le soviétisme, pas plus que le régime chinois ni les différentes politiques américaines à travers l'histoire ; ces aspects resteront factuels afin de mettre en lumière l'apport de chaque pays et l'influence de leur politiques respectives sur les aspects impliqués de l'exploration spatiale . Quoi qu'il en soit, je vous propose un voyage à travers une épopée d'environ 70 ans, à travers les plus belles missions de l'histoire de l'humanité, à travers ses plus grands exploits ; un voyage à travers l'Odyssée de l'Espace... Bonne lecture à tous ! Crédits image : 2001, L'Odyssée de l'Espace - Stanley Kubrick (1968)
  13. On a vu dans le premier épisode un petit historique du rêve millénaire d'aller toucher les étoiles. En plus de la symbolique forte que cela représente, l'avancée scientifique qui en découlerait serait inimaginable ! Nous arrivons au XXème siècle. Toutes les raisons sont réunies pour lancer officiellement le développement des technologies spatiales, mais rien ne se passe. Ces raisons ne suffisent pas, et ceux qui essayent sont moqués. Épisode 2 - La Genèse de l'Exploration Spatiale Revenons à la fin de l'épisode précédents, les chercheurs s'organise en petites sociétés à travers le monde pour développer la technologie des fusées, et ainsi poursuivre le rêve de toucher le ciel. Nous l'avons vu, ces travaux furent moqués aux USA et les sociétés soviétiques furent divisées par les purges. Les travaux tombent alors dans l'oubli. Qu'en est-il de l'Allemagne ? Avec l'arrivée du régime nazi en 1933, les sociétés de recherche sur les fusées sont interdites, cette recherche doit alors se faire uniquement par l'armée, pour l'armée. Plusieurs membre de ces sociétés choisissent alors de se rallier au parti pour pouvoir continuer leur recherches. C'est alors durant la seconde guerre mondiale, les nazis inventent la technologie, aujourd'hui commune, du missile, avec les fameux missiles V1 et V2. (C'est à la chine que revient l'invention des missiles cependant : dans l'antiquité l'armée chinoise utilisait lors des batailles de petites fusées, à la manière de feux d'artifices.) Contrairement à un obus qui est propulsé suite à une simple explosion, le missile est propulsé en permanence, ce qui accroît sa portée, la capacité de charge explosive qu'il peut emporter, et sa force d'impact. Une "merveille" de technologie militaire, développée par le génie de la balistique Wernher von Braun. Von Braun a eu le parcourt mentionné plus haut, il était membre d'une société d'astronautique où il développait notamment avec Hermann Oberth ces petites fusées à la chinoise. L'Allemagne et son armée étaient donc les seuls à avoir vu le potentiel des recherches de ces petits rêveurs d'espace, un potentiel militaire. La chute du IIIème Reich s’enchaîne sur l'explosion de la guerre froide. Lorsque l'Allemagne devient occupée par les deux ex-alliés, chacun récupère pour son camp les quantités énormes de technologies et de savoir faire que les nazis ont laissé, jusqu'alors bien en avance sur le reste du monde : bâtiments pré-fabriqués, engins télécommandés (ancêtres des rovers), technologies de motorisation et automobiles, bombardiers et autres technologies aéronautiques, et donc bien évidemment : les missiles. Les deux blocs se rendent compte alors de l'immense potentielle de cette nouvelle arme. La recherche sur les missiles de plus en plus performants est lancée des deux cotés. L'idée derrière tout cela est qu'à terme les USA puissent bombarder l'URSS depuis leur propre territoire à l'autre bout de la planète, et inversement. Cependant, si les missiles offrent bien plus de portée qu'un simple canon à obus, toucher les USA depuis l'URSS demande bien plus de portée que les simples V2 allemands : plus on veut tirer loin, plus il faut tirer haut. A ce moment là, on touche non plus à la mécanique balistique, mais à la mécanique orbitale, jusqu'alors purement théorique ; le challenge est lancé. Et quitte à se servir de la mécanique orbitale pour simplement augmenté la portée de l'artillerie, autant s'en servir aussi pour d'autres domaines comme l'espionnage et les télécommunications militaires ! Voilà, nous arrivons au début des années 1950 et le monde vient de trouver la raison qui nécessitera de pousser la porte de l'accès à l'espace : le développement militaire. La course à l'espace est lancée. On voit alors que les motivations que l'on a décrit dans le premier épisode n'ont été qu'en réalité secondaires dans la genèse de l'exploration spatiale, et que malheureusement c'est bien la guerre qui fait très souvent avancer la science. Image : Missile V2 sur une rampe de lancement. Photo du 3 Mars 1945. Source : Archives municipales de La Haye
  14. Pour ce premier post d'introduction prenons quelques questions de base : Pourquoi l'espace ? Pourquoi y aller ? Épisode 1 - La culture de l'Espace L'espace c'est tout simplement le prolongement de la curiosité humaine, la volonté de toujours aller explorer plus loin. C'est la suite logique des Marco Polo, Christophe Colomb, Magellan, etc... De plus l'espace a toujours titillé l'imagination et la curiosité depuis quelques simples questions comme "qu'est-ce que c'est que ces points brillants la nuit ?" jusqu'à des mythologies entières. Pour répondre plus rigoureusement à ces questions deux solutions : La première : observer, déduire, calculer. L'astronomie est née. La seconde : aller voir directement ce qu'il se passe là-bas. Le rêve du voyage spatial était né à son tour. Si l'on exclu Icare qui essaye de toucher le soleil, la première référence relativement sérieuse à l'espace c'est Cyrano de Bergerac à qui l'on doit la première oeuvre de Science-Fiction de l'histoire : Histoire comique des États et Empires de la Lune dans laquelle il décrit une hypothétique société extraterrestre lunaire. Plus tard on a évidemment Jules Verne avec De la Terre à la Lune où il imagine un canon si puissant qu'il propulserai une charge jusqu'à la lune en un peu plus de 4 jours (3 jours en réalité !). Jules Verne, comme à son habitude y décrit les effets avec beaucoup d'anticipation, comme l'aurait fait un scientifique : ici il décrit notamment le phénomène d'apesanteur, dû à l'inertie. Plusieurs autres œuvres suivirent par différents auteurs, décrivant alors des vies martiennes, un voyage vers Vénus, etc. Dans cette optique de découverte, de rêve et de curiosité, on voit fleurir quelques projets au début du XX° siècle de part le monde ; des chercheurs et inventeurs qui se lancent dans la quête de fabriquer quelque chose de similaire au canon de Jules Verne. Parmi eux, Constantin Tsiolkovski, instituteur russe, avait imaginé et compilé toutes ses idées pour rendre réalisable le voyage dans l'espace, allant même jusqu'à imaginer le principe des stations spatiales ; mais il ne fut pas reconnu de son vivant. Les travaux du russe ont inspiré dans les premières décennies du XX° siècles plusieurs autres pionniers, notamment Robert Goddard, américain, qui donne sont nom aujourd'hui à l'un des plus grands centres de recherche de la NASA. Il fut le premier à réaliser de petites fusées qui s'élevaient à quelques mètres de haut. Dans les années 20 les passionnés s'organisent notamment en Allemagne et dans la nouvelle URSS, pour poursuivre les travaux de ses pionniers. Sur financements privées et grâce a des mécènes, les inventeurs indépendants de plus en plus unis les uns avec les autres sont alors en marche pour reproduire les mêmes exploits qu'avec la naissance de l'aviation. On compte parmi eux des ingénieurs et des scientifiques tous poursuivant le même rêve. Mais si seulement il n'y avait que cela ! Parce que tout cet imaginaire toute cette curiosité, cet esprit d'exploration et de découverte, ce n'est pourtant pas cela qui a lancé l'exploration spatiale.. Les travaux de Goddard aux USA étaient moqués, Tsiolkovski n'a jamais eu aucune renommée, et les associations de recherche sur les fusées en URSS furent démantelées à cause des purges staliniennes. Ces travaux précurseurs sur les fusées resteront alors dans l'oubli... Et en Allemagne ?
  15. Des sources en vrac : A Daredevil Flat Earther Died After Attempting To Launch Himself 5,000 Feet With A Homemade Rocket WWW.BUZZFEEDNEWS.COM "Mad" Mike Hughes at times said his rocket launches aimed to prove the Earth's shape, but a representative told BuzzFeed News that was all for publicity. Self-taught rocket scientist blasts off into California sky APNEWS.COM LOS ANGELES (AP) — He finally went up — just like the self-taught rocket scientist always pledged he would. He came back down in one piece, too — a little dinged up and his steam-powered vessel a little cracked up. Still... 'Mad' Flat-Earther's Steam Rocket Launch Grounded by Bad Water Heater Bought on Craigslist | Space WWW.SPACE.COM "Mad" Mike will try again this weekend. Mike Hughes (daredevil) - Wikipedia EN.WIKIPEDIA.ORG
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