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RainbowVonBraun

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  1. Bonjour ! Pour mon premier post sur ce forum, j'ai décidé de m'attaquer à une émission de France 3 qui a été diffusée le mercredi 20 mai 2020 à 23h30. Sans plus tarder commençons le décorticage de l'émission. Débunk - "Réseau d'enquêtes" - Idées reçues sur les pesticides Procédons point par point. Ce n'est pas totalement vrai, en 2016 selon les données de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) notre pays était 7ème consommateur de produits phytosanitaires au monde. Si nous prenons en compte la consommation de phytosanitaire par hectare de terre cultivée, nous arrivons à la 34ème place. Je ne sais pas ce que cette personne interviewée a tenté de faire, mais le suffixe d'un nom commun, fut-il "cide" ne suffit pas à prouver la dangerosité d'un produit, ce n'est pas en jouant sur les mots qu'on pourra prouver cette dangerosité. Tout d'abord, le principe premier d'un pesticide est de protéger les récoltes et non de faire du bénéfice. Ensuite, les agriculteurs sont, lors des épandages, tenus de porter des équipements de protection afin de limiter leur exposition aux phytosanitaires. Cependant, selon l'ANSES, il n'existe que très peu de données sur l'exposition des agriculteurs à ces produits. Ensuite, les consommateurs eux, sont peu exposés aux phytosanitaires dans leur alimentation, selon les données de l'EFSA, en 2018 près de 95% de 91 000 échantillons alimentaires se situaient en dessous des limites légales européennes. Pour l'exposition dans l'eau du robinet, en France, selon le ministère de la Santé près de 90% de la population a été alimentée par une eau qui respectait en permanence les limites légales. Pour le reste - qui a été alimenté par une eau non conforme - ce dépassement n'est que très limité dans le temps, et n'a pas nécessité la restriction de l'usage de cette eau pour la boisson ou la préparation des aliments. C'est vrai, mais la présence de glyphosate ne démontre rien. Selon une étude faite par l'EFSA en 2015, le glyphosate ne présenterait pas de potentiel de bioaccumulation (accumulation dans le corps) et est éliminé très rapidement (par les urines etc...) Nous ne savons pas sur quelle "dose" ces citoyens s'appuient, ni quel laboratoire a effectué leur test, ni quelle méthodologie a été employée, mais admettons que ces valeurs sont vraies et que le laboratoire a fait son travail, selon l'EFSA. La DJA (Dose Journalière Acceptable) en Europe pour un consommateur est de 0,5 mg/kg de masse corporelle, soit 500 microgrammes/kg de masse corporelle, soit près de 500 fois plus que ce que certaines personnes montrent sur leurs affiches. Les quantités retrouvées dans les urines de ces citoyens sont donc ridiculement faibles. Je vous renvoie vers les analyses faites par l'EFSA sur les résidus de pesticides dans l'alimentation en Europe vues plus haut. Pour cela nous allons nous baser sur une carte de Franceinfo montrant les départements où les ventes de glyphosate ont été le plus élevées en 2017 : Remarquons qu'en 2017, dans certains départements, les ventes de glyphosate ont été bien plus importantes que dans le Vaucluse, comme dans l'Aube, l'Allier ou en Charente-Maritime avec respectivement : 376,9 tonnes, 287,9 tonnes et 271 tonnes contre 138,8 tonnes dans le Vaucluse. Ensuite, effectivement l'IARC, une agence de l'OMS, a classé il y a quelques années le glyphosate en tant que "cancérogène probable", cependant des études sont venues compléter cette évaluation et ont démontré qu'aux doses inférieures aux limites légales, le glyphosate ne présenterait pas de danger pour la santé (Cf : la revue de divers études de l'EFSA que j'ai utilisée concernant l'accumulation du glyphosate dans le corps humain). Par la suite le reportage montre une liste interminable de produits phytosanitaires détectés dans le département du Vaucluse par Générations Futures (une association anti-pesticides), mais... cette liste ne vaut rien. Puisque nous n'avons ni les doses détectées ni où, ni quand, ni rien en fait. Argument ad Nauseam. Encore une fois, aucune information sur les concentrations de ces "35 produits". Cette affirmation ne vaut pas grand chose. Nous passerons sur le fait qu'ils demandent à un cardiologue des informations sur les maladies "causées" par les pesticides. Voyons plutôt son propos : En effet, l'ANSES préconise la prise en compte d'une distance comprise entre 3 et 10 mètres, selon le type de pulvérisation ; ce sont ces préconisations, que l'agence utilise dans ces décisions d'AMM, qui devraient être prises en compte par les décideurs politiques locaux S'en suit une interview de la maire de Langouët, dans le département d'Ille-et-Vilaine. Récemment ce dernier a pris un arrêté interdisant tout épandage de phytosanitaire à moins de 150m d'une habitation dans son village ; celle-ci s'intéressant uniquement à la médiatisation de cette affaire, nous n'allons pas nous pencher dessus plus que cela. Une habitante de la commune est ensuite interviewée, affirmant que son urine contiendrait 10 fois plus que les limites légales pour la potabilité d'une eau en France. Encore une fois, nous n'avons aucune valeur, ni précision, mais supposons que ce soit vrai ; cette limite légale est de 0,1 microgramme/L par pesticide. Cette dame aurait donc trouvé 1 microgramme de glyphosate par litre d'urine. Cependant, le rapport du ministère de la santé précise que cette limite, contrairement à d'autres limites de qualité (microbiologique, radiologique etc...) ne se base pas sur une approche toxicologique du problème mais d'une façon à ce qu'on détecte le moins de pesticide possible dans l'eau potable. Cette limite ne vaut donc rien d'un point de vue sanitaire et la dame de l'interview est de toutes façons très en dessous de la Dose Journalière Acceptable donnée par l'EFSA. L'émission donne désormais la parole à un agriculteur ayant porté plainte contre Monsanto par deux fois, et ayant réussi ces deux fois à condamner la firme, accusée d'avoir provoqué certaines de ses maladies neurologiques par le biais des pesticides. La plainte concernait non pas le glyphosate mais un autre produit de Monsanto : le Lasso, retiré du marché depuis 2007. Pour cette partie-là, il n'y a aucun réel fait à débunker, tout ce que je peux dire, c'est qu'il faut être vigilant, car on ne peut pas se baser sur une décision judiciaire pour affirmer la dangerosité d'un produit phytosanitaire, ça serait du même niveau que de demander à un tribunal de statuer sur la dangerosité d'un vaccin. Dans ce cas la loi se plie au pressions citoyennes des militants rien de plus. Le journaliste donne ensuite la parole au directeur de l'ONG "Générations Futures" Je ne sais par quel moyen cet homme est capable d'affirmer cela, mais les études des agences sanitaires utilisées pour imposer des limites quant aux doses qu'un être humain peut absorber démontrent le contraire. Il n'a pas du lire les études universitaires qu'il prétend défendre et utilise au contraire l'argument classique de vouloir tirer la science de son coté pour conforter ses opinions. Selon une revue d'étude de l'EFSA datant de 2018, des effets ont été observés chez certains mammifères à des doses bien plus fortes que la limite légale en tant que résidu (qui est de 0,01mg/kg), sachant que selon des observations faites en Europe, dans la très grande majorité des échantillons, le dichloropropène se trouvait dans des quantités plus faibles que les limites légales. Donc cette affirmation est vraie, si l'agriculteur respecte les limites imposées en Europe (note : ce phytosanitaire ayant été interdit en 2009, il faut une dérogation pour pouvoir l'utiliser). Et bien c'est fini ! J'ai je crois tout abordé, j'espère que cette toute première publication de ma part vous aura plu, et n'hésitez pas à me signaler si j'ai moi-même commis des inexactitudes. ? Au revoir ! Sources : Utilisation des produits phytosanitaires dans le monde : https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/agriculture-pesticides-pays-plus-gros-consommateurs-10757/ Exposition professionnelle aux produits phytosanitaires : https://www.anses.fr/fr/content/expositions-aux-pesticides-des-utilisateurs-et-des-travailleurs-agricoles Résidus de pesticides dans l'alimentation en Europe : https://www.efsa.europa.eu/fr/news/pesticide-residues-food-track-trends-our-browsable-charts Résidus de pesticides dans l'eau du robinet en France : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2018_pesticides.pdf Accumulation du glyphosate dans le corps humain : https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2015.4302 Dose Journalière Acceptable du glyphosate en Europe : https://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/151112 Carte d'utilisation du glyphosate par départements en France : https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/glyphosate/carte-decouvrez-les-departements-qui-consomment-le-plus-de-glyphosate_3146037.html Distances minimales/Autorisations de mise sur le marché de l'ANSES : https://www.anses.fr/fr/content/la-protection-des-riverains-lors-de-l’utilisation-des-produits-phytosanitaires-les-travaux Résidus et toxicité du dichloropropène en Europe : https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2018.5464
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